Racines créatives
Racines créatives
12 mars au 26 avril 2026
Commissaire : Nicholas Sangaré
Artistes :
Racines créatives est une exposition collective qui réunit 8 artistes, designers et commissaires issus de la communauté afro-descendantes ayant tous un lien l’enrichissement culturel et social. L’exposition cherche à mettre en dialogue leurs expressions créatives, offrant ainsi un portrait culturel enrichi. À travers une variété de mediums et de thématiques, chaque participant apporte sa vision unique, contribuant à une réflexion collective sur les identités culturelles et les interactions urbaines.
Sous la forme d’une exposition multidisciplinaire, Racines créatives explore la symbiose entre design, industrie et art. Elle propose une vision hybride et audacieuse des archétypes propres à chaque discipline. En plus de présenter des œuvres et des objets dans l’espace d’exposition, le projet inclut également des activités publiques telles qu’une conversation et une soirée de performances musicales.
Dans le cadre de l’exposition, le Livart organise une série d’activités :
- Visite guidée avec le commissaire Nicholas Sangaré – 21 mars à 14h
- Panel avec Nicholas Sangaré, Audrey Bartis, Rito Joseph, Webster – 21 mars à 15h
- Apéro littéraire avec les artistes Ian Ospina Pérez, Marie-Ange Sanchez, Inan, Sena et Leslamo – 31 mars à 18h
- Soirée de finissage – 25 avril de 21h à 6h
Présentation des artistes/designer :
Plasticien, à travers ses installations et ses sculptures, Stanley Février explore la souffrance physique et psychologique causée aux personnes par les violences du monde moderne. Si ses œuvres, politiques et engagées, s’inspirent des enjeux de pouvoir à l’ère de la globalisation, elles abordent aussi des questions plus intimes, comme celle du rapport à soi et du rapport à l’autre, devenus difficiles dans un monde où l’écoute perd de sa valeur. La sensibilité du regard de Février et l’efficacité de ses stratégies plastiques émeuvent et, en même temps, poussent à la réflexion. Il tente de créer un espace de rencontre où les participant.e.s sont au centre de l’œuvre. Et les amène à se repolitiser et à affirmer leur vécu pour finaliser l’œuvre ; dans une prise de conscience du je, du nous, de son pouvoir politique et le politique « entendu comme souci de soi et de l’autre ». Diplômé en arts visuels et médiatiques, ses préoccupations artistiques et conceptuelles se basent sur la critique institutionnelle, sur les enjeux identitaires et la violence et les inégalités engendrées par cette dernière.
Né en Haïti, où l’art et la créativité imprègnent profondément la culture, Marc-Alain Félix s’est nourri dès son enfance d’un environnement énigmatique et coloré. Confronté à l’instabilité politique et économique, il quitte son pays natal pour rejoindre sa mère au Canada. Établi à Montréal, il inscrit sa pratique dans une dynamique interdisciplinaire explorant les notions de matérialité, de mémoire et de résilience à travers des supports variés tels que la toile, le papier ou le bois récupéré.
Son parcours artistique s’est développé au fil des années, depuis son premier solo en 2019. Il a participé à des résidences de création et exposé dans plusieurs maisons de la culture. Il a signé des projets d’exposition tels que Manipuler avec soins, Rising Colors et Portraits de familles. L’artiste a également pris part à des expositions collectives dans des galeries réputées telles que Projet CASA et ARMÜR, ainsi qu’à des projets de murales et de fresques. Sa polyvalence lui a permis d’être appelé à collaborer comme directeur artistique du film Dear Jackie, dont il a également conçu l’affiche. En 2024, il reçoit une commande du Gesù pour une œuvre monumentale exposée jusqu’en 2028. Félix affirme une approche transdisciplinaire qui interroge les rapports entre image, mémoire et territoire.
Candide Candace questionne son lien avec sa culture d’origine, son hybridité culturelle impliquant la recherche d’une harmonie personnelle. L’assemblage en grande partie de l’acier, du cuivre, de la laine, du bois et de l’argile; de même que l’utilisation du socle, une entité à part entière de ses sculptures lui permettent de s’ouvrir à travers ses oeuvres. Elle les considère comme des conversations, des tête-à-tête avec le public.
Originaires respectivement du Cameroun et de la Martinique, Tania Doumbe Fines (1994) et Elodie Dérond (1998) fondent à Montréal en 2020 ibiyanε, un atelier de design sculptural désormais basé en Martinique.
Les créations d’ibiyanε reposent à la croisée du fonctionnel et du sublime, où elles s’épanouissent en tant que « bâtisseurs de beauté » (une vocation professée par Alioune Diop) et hérauts d’imaginaires. Ainsi, leur idéologie se construisant sur la réparation, la récupération et le respect, plutôt que de considérer le bois local qu’elles façonnent comme une matière à dominer, elles lui reconnaissent une vocalité propre qu’elles cherchent à sculpter en chœur.
Au fil de cinq années de songe collectif, Doumbe Fines et Dérond ont développé une sincère cadence d’échange créatif, illustrée par l’étymologie de leur nom partagé: ibiyanε, vient du mot batanga signifiant « se connaître mutuellement ».
La poétique du titre de chacune de leurs confections, elombe, qui se traduit par « conversation », souligne encore le caractère dialogique de leur travail. Pour Doumbe Fines et Dérond, les définitions d’ibiyanε et elombe sont des repères dans leur engagement commun à non seulement invoquer, mais à incarner le sens de ces noms.
Reggy St-Surin est un designer industriel basé à Montréal. Poussé par la curiosité et la narration, il explore les possibilités de créer à travers différents médias, jamais contraint par un style ou un matériau; il aurait pu travailler au McDonald’s, mais il préfère les frites ondulées. Cette liberté créative lui permet d’apporter une touche cocasse à des fins s’avérant prédictibles.
Collection Tom :
La famille Tom est une collection de pièces mobilier dérivés en sculptures molles et biomorphiques. Composé d’un ottoman, d’une chaise, d’un banc et d’un porte-manteau, l’ensemble représente également l’évolution d’un personnage à travers chacune des pièces.
Tabouret Bloc :
La mousse de polyuréthane utilisée dans l’industrie du rembourrage est généralement produite par de gros manufacturiers possédant la machinerie adéquate pour pouvoir gérer des immenses productions. Le tabouret Bloc, est le résultat d’expérimentations sur ce processus à une échelle drastiquement réduite.
Puisant dans les archives et les memorabilia, Mpoka façonne des espaces où le passé dialogue avec le présent. Son œuvre explore une condition nomade de l’« entre-deux », où s’entrelacent temporalités multiples et discontinuités spatiales, témoignant d’un héritage transocéanique reliant l’Afrique, l’Europe et l’Amérique du Nord.
Dans le prolongement de trajectoires marquées par la migration et la rupture, son travail interroge les liens entre héritages culturels, mémoire, filiation et colonialisme environnemental. Face aux fractures imposées par la colonisation, elle développe une démarche fluide dans laquelle récits réels et imaginés se croisent. La terre y est envisagée comme un matériau sensible, à la croisée des traumatismes historiques et des potentialités de recomposition identitaire.
Par la photographie, le tissage, la céramique, la teinture et l’installation, elle développe des formes pluridisciplinaires où la matière, l’image et le récit deviennent vecteurs de circulation entre les lieux, reliant les géographies et les mémoires qui l’habitent.
Avec le soutien du Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts de Montréal, Ville de Montréal, Consulat Général de France à Montréal, Productions Usawa, Patrimoine Canadien, Drouin Gagné, MNP et Atwill-Morin.